Julie Mellark-LaPerdrix

Chapitre un: L'annonce des Tributs

Chapitre un: L'annonce des Tributs


-Joyeux Hunger Games ! Et puisse le sort vous être favorable !

Les mêmes mots, chaque année, depuis maintenant seize ans que j'assiste à cette cérémonie. Durant douze ans, je n'avais été que spectateur. Mais ça fait maintenant quatre ans que je suis derrière ces cordes, à prier pour que je ne sois pas le suivant. Bien sûr, j'ai plus de chance que d'autres personnes de mon âge, ou même plus jeunes. Je n'ai jamais pris de Tesserae. Les Tesserae, ce sont des portions d'huile et de blé pour un an. Chaque enfant, à partir de douze ans, a le droit de signer pour autant de Tesserae qu'il y a  de membres dans sa famille. Et, à chaque fois qu'il signe, il met son nom dans l'urne.  Je n'ai jamais souffert de la faim, je n'ai donc jamais eu besoin de signer. Il n'y a que cinq fois mon nom dans cette boîte. D'autres en ont beaucoup plus, je le sais. Ceux qui viennent de la Veine, le quartier pauvre du district, en ont tous beaucoup plus que moi. Je suis un privilégié. Mais j'ai quand même peur. Que, sur les milliers de petits papiers qu'il y a dans cette urne, ce soit le mien qui soit tiré.
-Les dames d'abord ! annonce Effie Trinket, la fille du Capitole responsable de notre district en ce qui concerne les jeux.
Je jette un coup d'œil du côté des filles. Et je trouve rapidement celle que je cherchais : Katniss Everdeen. Katniss est une fille de la Veine. Elle doit avoir plus de vingt papiers dans la boule de verre. Son père est mort alors qu'elle était plus jeune. Et elle a dû subvenir aux besoins de sa famille toute seule. En chassant, je suppose. Je suis tombé amoureux d'elle la première fois que je l'ai vu. Le premier jour d'école. Mais je ne lui ai jamais adressé la parole. Je la vois à l'école, tous les jours. Régulièrement, elle vient vendre des écureuils à mon père. Et je l'observe par la fenêtre de la cuisine. Elle est tellement belle. Là, elle a l'air tellement sérieuse. Inquiète, aussi. Ce qui est tout à fait normal. Bref, je prie pour qu'elle ne soit pas choisie. Je ne veux pas la voir mourir à la télévision. Je ne le supporterais pas.

-Primrose Everdeen ! s'exclame Effie avant de scruter la foule pour voir le visage de celle qu'elle vient d'appeler.
Primrose. La petite sœur de Katniss. Elle n'a que douze ans. Mon père l'aime beaucoup, je le sais. Il parle souvent d'elle à la maison. Katniss ne doit pas en revenir. Je la regarde, mais elle avance.
-Prim ! crie-t-elle.
Mais la petite continue à avancer, droite comme un i.
-Prim !
Elle la rattrape et la pousse derrière elle d'un geste protecteur.
-Je suis volontaire ! Je me porte volontaire comme tribut !
Voilà que tous mes espoirs s'effondrent. Katniss sera un des tributs du district douze. Elle va remplacer sa petite sœur. Elle se met en danger pour elle. Elle l'aime. Je l'aime.
Et une scène déchirante se passe alors sous mes yeux.
-Non, Katniss ! Non ! Tu ne peux pas !
Primrose se tient à sa grande sœur, ses petits bras refermés autour d'elle.
-Prim, lâche-moi ! lui dit brutalement sa sœur. Lâche-moi !
Elle refuse de lâcher. Mais un grand garçon brun que j'ai déjà vu à l'école retient la petite et l'emporte en bas de la scène.
-Eh bien, bravo ! s'exclame Effie Trinket, un sourire aux lèvres. C'est l'esprit des jeux ! Comment t'appelles-tu ?
-Katniss Everdeen.
-Je parie qu'il s'agissait de ta petite sœur.
N'est-elle pas perspicace ?
-Tu ne voulais pas te laisser voler la vedette, hein ? ajoute-t-elle avec un grand sourire. Allez, tout le monde ! Je vous demande d'applaudir bien fort notre nouveau tribut !
Mais personne n'applaudit. Puis une chose inattendue se passe. Mon père pose trois doigts sur ses lèvres puis les tend vers Katniss. Bien vite, tout le district reprend son geste. C'est un vieux signe du district douze que l'on utilise parfois aux enterrements. Remerciement, admiration, adieu à celui qu'un aime. Mais je ne veux pas dire adieu à Katniss.

Je suis tout près de la scène, si bien que je suis un des premiers à voir Haymitch, seul gagnant encore vivant de notre district, qui titube sur la scène.
-Regardez-la ! Regardez cette fille ! Elle me plaît ! Elle a des... tripes !
Il prend Katniss par les épaules et la secoue un peu. Puis se tourne vers la caméra, pointe son doigt et ajoute :
-Plus que vous ! Plus que vous tous !
Puis il dégringole de la scène et reste par terre, probablement assommé. Alors qu'on l'emporte sur une civière, Effie Trinket reprend la parole :
-Quelle journée incroyable ! Mais nous n'en avons pas encore terminé ! Il est temps de choisir notre tribut masculin !

Je prie. Les mains croisées. Ca ne doit pas être moi. Je ne peux pas. Je ne serais pas assez fort.
Elle ouvre le papier qu'elle tient en main et annonce :
-Peeta Mellark !
Ca y est. C'est la fin. Je m'avance sur la scène, en essayant de maîtriser mes jambes qui tremblent. Les caméras sont fixées sur moi, j'essaie donc de paraître impassible. Mais je doute que j'y arrive. J'ai tellement peur. Mon cœur bat à tout rompre. J'arrive enfin sur scène, et je me pose à côté de Katniss. Je ne la regarde pas, je n'en ai pas le courage. Je me contente de me concentrer sur mes jambes. Je n'entends plus rien. Mes yeux fixent le néant. Je pourrais sauter de la scène, et m'enfuir. Bien sûr, les pacificateurs m'arrêteraient tout de suite. Et je paraîtrais stupide aux yeux de tout Panem. Mais, de toute façon, même si je voulais, je n'arriverais pas à bouger d'ici. Mes jambes tremblent tellement que si je fais le moindre pas je tombe à coup sûr. J'attends donc que quelqu'un me pousse loin d'ici.

Au bout de quelques minutes, quelqu'un me prend la main pour la serrer. Katniss me regarde droit dans les yeux. Je lui serre la main avec douceur. Je ne veux pas lui faire de mal. J'entends vaguement l'hymne de Panem. Puis quelqu'un me pousse vers les escaliers et m'emporte vers l'hôtel de justice pour nous mettre en détention.

 

Chapitre deux: Douloureux adieux

 Chapitre deux: Douloureux adieux



Détention ne veux pas mettre en prison. Ils nous enferment dans l'hôtel de justice où la à famille et les amis peuvent venir nous dire adieu. Ils ne peuvent pas prendre le risque de nous laisser rentrer à la maison. On pourrait s'enfuir. Si on veut mourir plus tôt, bien sûr. Car les pacificateurs nous trouveraient tout de suite. Et nous exécuteraient sur-le-champ.
 
Assis sur un vieux fauteuil rapiécé, j'attends de faire mes premiers adieux. Je ne sais pas ce que je ressens. J'ai sûrement peur. Très peur, même. Mais je n'en suis pas sûr. Car, maintenant que je suis seul dans cette pièce, mes jambes de tremblent plus et mon cœur ne bat plus la chamade. Mon cerveau réfléchit au ralentit. On dirait que je suis dans un rêve. J'observe la pièce quand deux pacificateurs apportent mon père, ma mère et mes deux frères. J'ai une heure pour faire mes adieux. Et je sais très bien que personne d'autre ne va venir. Je ne compte pour personne, dans ce district. Ma famille s'assied alors sur le canapé en face de moi, mais reste silencieuse. Ils ne savent pas quoi dire, et moi non plus. Ma mère prend tout de même la parole :
-Ecoute, Peeta. Ca fait vingt-quatre ans que le district n'a pas connu de gagnant. Mais, cette année, je sens que ça va changer. Deux jeunes biens bâtis... Un de vous va bien gagner, non ? En plus, c'est une battante, celle-ci.
Elle ne me voit pas gagner. J'en étais sûr. Elle ne m'a jamais aimé. Elle ne m'aimera jamais. Elle ne croit même pas en moi. Au moins, elle croit en Katniss. C'est déjà ça.
-Ecoute Peeta... dit mon père, en se penchant vers moi. Il faut que tu te battes. Je sais que c'est difficile, mais essaie de tuer le plus de tributs possible. C'est ta seule chance, mon fils.
Evidemment que c'est ma seule chance. C'est le but des Hunger Games, non ? Tuer les autres. Survivre à tout prix. Et c'est ce que je compte faire. Même si je n'ai pas beaucoup de chance.
Je regarde mes frères. Peut-être ont-ils quelque chose à me dire. Mais non. Elio, le plus âgé, regarde par la fenêtre, au loin. Et Valmir, qui n'a qu'un an de plus que moi, a la tête entre ses mains.
-Je sais que vous ne m'avez jamais beaucoup aimé, mais dites au moins quelque chose, bon sang ! je m'exclame en lançant un regard noir à mes deux frères.
Tout deux lèvent les yeux vers moi, et Elio se jette à l'eau :
-Bien sûr qu'on t'aime, idiot. Mais qu'est-ce que tu veux qu'on te dise ? On va te voir vivre dans cette arène. On va te voir souffrir. Tuer. Peut-être mourir. On ne va sûrement plus jamais te revoir. Que veux-tu qu'on te dise ? Bien sûr que tu vas nous manquer !
Je ne vais pas aller le serrer dans mes bras. Car on n'a jamais fait ça, et on ne va pas commencer maintenant. Mais je plonge mes yeux dans les siens, et je lui exprime tout ce que je ressens par ce simple regard. Je lui montre combien je l'aime aussi, combien il va me manquer, combien je regrette qu'on n'ait pas passé plus de temps ensemble. Je pense qu'il a compris, car il hoche la tête et replonge son regard dans le lointain.
Je me tourne alors vers Valmir. Lui me regarde, à présent. Et je vois la peine dans son regard. La peine que moi, je lui cause. Je me penche vers lui et lui serre la main. Pas besoin de mots.
Seulement vingt minutes se sont écoulées. Mais nous n'avons plus rien à nous dire.
-Je crois que vous pouvez partir, maintenant. Ca ne nous fera que plus de mal si nous restons là à rien dire.
Nous nous levons. Je prends ma mère dans les bras, mais son étreinte reste rigide, froide. Vient le tour de mes frères. Eux sont un peu plus chaleureux. Les yeux de Valmir brillent. Et c'est là que mes larmes commencent à couler, sans pouvoir s'arrêter. Mon père me serre de toutes ses forces, pendant que je pleure à chaudes larmes.
-Reste toi-même, Peeta, me chuchote-t-il. Ne change pas pour le Capitole. Je t'aime, mon fils.
Et ils s'en vont. Ses derniers mots m'ont fait plus de bien que tout ce qu'on a jamais pu me dire auparavant.

 Et je décide de suivre les conseils de mon père. Je ne serais pas qu'un pion du Capitole. On ne va pas se souvenir de moi que pour ma participation aux jeux. Je vais être quelqu'un de spécial. Je le promets.

 

Chapitre 3: Départ pour le Capitole...

Chapitre 3: Départ pour le Capitole...



Le trajet jusqu'à la gare est très rapide. C'est la première fois que je monte dans une voiture, mais ça ne m'intéresse pas plus que ça. Vu que je suis assis à côté de la personne que j'aime le plus au monde. Un mètre nous sépare, et, pourtant, je n'ai jamais été aussi proche d'elle. Elle regarde par la vite, l'air absente. Elle n'a pas pleuré, ses yeux sont incroyablement secs. Elle a dû se retenir pour les cameras. J'ai soudain un peu honte d'avoir pleurer. Je m'essuie les yeux avec ma manche, avant de repenser aux paroles de mon père. « Ne change pas pour le Capitole ». Si j'ai envie de pleurer, je pleurerais. Je ne vais pas me cacher face à des gens qui me verront de toute façon jour et nuit.

Lorsque nous sortons de la voiture, des dizaines de caméras nous attendent sur le quai de gare.  On nous fait patienter pendant une quinzaine de minutes, le temps qu'on puisse être filmé, puis nous montons dans le train. C'est une deuxième nouveauté. Je n'ai jamais avancé aussi vite avec un quelconque véhicule. Mais j'avoue que ce n'est pas la chose la plus impressionnante ici. S'il est vrai que je ne fais pas parti des plus pauvres du district, ma maison n'est pas non plus une maison de riche. Et ce wagon est magnifique. On dirait un palais. Effie me conduit ensuite dans mon appartement personnel. Car oui, les tributs on chacun leur appartement personnel, avec une salle de bain et un énorme dressing. On me dit que je peux me servir, et qu'il faut que je sois prêt dans une heure, pour le dîner. Je prends une douche tiède, pour rincer mes larmes et mes yeux rougis. J'ai horreur de sentir de l'eau trop chaude sur moi. Ca me rappelle les brûlures des fours à pain. Ce que je déteste par-dessus tout. Puis je prends les premiers habits qui me tombent sous la main, à savoir un training large gris et un t-shirt noir. Ca devrait aller pour ce soir.
 
Je suis le premier à rejoindre la salle à manger. Haymitch est dans sa chambre, et comme il ne répondait pas à mes appels, j'en ai conclu qu'il préférait boire plutôt que de manger. Je m'assieds donc à table, et attends patiemment. Devant moi, il y a deux chaises vides – probablement pour Effie et Katniss – et à côté de moi celle de Haymitch. Il y a déjà une corbeille de pain sur la table, mais je n'ose pas me servir avant que les autres n'arrivent.
Je n'attends pas une éternité, cependant. Quelques minutes plus tard, Katniss – ravissante dans son ensemble vert bouteille – et Effie me rejoignent.
-Haymitch n'est pas là ? lance gaiement Effie.
-La dernière fois que je l'ai vu, il a dit qu'il comptait piquer un roupillon, je réponds, ne voulant pas qu'elle sache qu'il s'est encore enfermé pour boire. Même si je sais qu'elle est au courant. Quoique.
-Il faut dire que nous avons eu une journée fatigante, dit-elle en se laissant tombé sur une des chaises et en invitant Katniss à en faire autant.
Elle s'assied prudemment, ne parle et ne bouge pas. Lorsqu'on apporte les plats, cependant, elle ne peut plus se retenir et mange tout ce qui se présente devant elle. Soupe de carotte, salade, côtelettes d'agneau, purée, fromage et dessert. Elle engloutit tout.
-Gardez de la place pour la suite, ça n'est pas encore fini ! s'exclame Effie à chaque fois qu'un nouveau plat arrive.
-Oui, Katniss, calme-toi.
Elle lève les yeux de son assiette et me lance un regard de reproche. Il est vrai que je ne me prive pas non plus. C'est au moins la troisième fois que je reprends des côtelettes d'agneau. Mais il faut dire que c'est la première fois que je mange de la bonne viande. D'habitude, nous ne mangeons que de l'écureuil – que Katniss chasse, d'ailleurs. Même si mon père et ma mère tiennent la boulangerie, nous n'avons pas assez d'argent pour nous payer de la bonne viande. Alors pour une fois que je peux en manger autant que je veux...
Pendant que les desserts arrivent, Effie pose ses mains sur son ventre et nous dit :
-Au moins, vous savez vous tenir à table. Les deux de l'an dernier mangeaient avec leurs mains, de vrais sauvages. Ils m'avaient complètement coupé l'appétit.
Quelle remarque inutile. Les deux tributs de l'année dernière venaient de la Veine. Ils n'avaient certainement jamais eu une assiette entière de purée. Ni même une cuillère. Il est donc tout à fait normal qu'ils se jettent sur la nourriture dès qu'ils en voient autant pour eux. Et ça a sûrement dû être leur seul moment de bonheur avant d'entrer dans l'arène... En tous cas, Katniss a commencé à manger avec les doigts. La remarque d'Effie n'a pas dû lui plaire. Je l'observe sans retenu pendant qu'elle dévore plusieurs parts de son gâteau au chocolat. Elle est tellement belle...
 
Après le repas, nous rejoignons un autre compartiment pour regarder le résumé de la Moisson à la télévision. Nous observons chacun des candidats, afin d'en apprendre déjà quelques trucs. Le garçon du district Un boite. Celui du Deux a l'air d'un monstre. C'est un géant avec une carrure énorme. Il se porte volontaire à la place d'un petit garçon – qui doit avoir treize ans, tout au plus. Il y a une petite fille de douze ans, d'ailleurs. Dans le district Onze. Elle est si frêle, et a l'air si fragile... Puis vient le tour de notre district. L'appel de la sœur de Katniss. Puis celle-ci qui se propose. Enfin, je monte sur scène. On ne voit pas mes jambes trembler. Par contre, on peut déceler la peur dans mon regard. Tant pis. Je ne passerais pas pour un dur. Puis nous voyons Haymitch qui dégringole de la scène, ivre.
-Votre mentor aurait beaucoup à apprendre en matière de présentation. De comportement télévisuel.
Je m'esclaffe.
-Il était soûl, dis-je, même si elle le sait très bien. Il est soûl chaque année.
-Chaque jour, rajoute Katniss.
Elle n'a pas tort. Je pense qu'Haymitch est comme ça depuis son retour des jeux en gagnant. Je peux le comprendre. Depuis qu'il a été couronné vainqueur, il a dû supporter deux jeunes chaque année. Et, chaque année, il les a vus mourir. Voir mourir des enfants à la télévision, c'est horrible. Mais je n'imagine pas lorsque c'est des enfants que l'on connait.
-Oui, répond sèchement Effie. Et je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de drôle. Votre mentor est votre unique bouée de sauvetage, lors de ces jeux. C'est lui qui vous conseille, qui vous cherche des sponsors, qui organise la présentation des cadeaux quand il y en a. Il pourrait bien représenter votre seule chance de vous en sortir vivants !
C'est après ce petit discours que Haymitch arrive, titubant.
-J'ai loupé le dîner ? demande-t-il d'une voix pâteuse.
Et il vomit sur le tapis et tombe par terre.
-Eh bien, riez donc !
Et elle s'en va, nous laissant seul avec notre mentor.
Nous restons quelques minutes sans bouger. Haymitch  a la tête dans son vomit, et respire bruyamment. J'échange un regard avec Katniss, et tout de suite nous nous comprenons. S'il est vrai qu'Haymitch peut paraitre drôle lorsqu'il est soûl, une fois dans l'arène, ça sera notre seul lien avec l'extérieur et notre seule chance de ne pas mourir trop vite. Je m'approche donc de lui, et le tire par un bras. Katniss fait de même, et nous le remettons sur ses pieds.
-J'suis tombé ? demande-t-il. Ca pue.
Il s'essuie le nez en se barbouillant de vomi.
-On vous ramener dans votre chambre, je dis, en avançant gentiment. Vous nettoyer un peu.
Nous le traînons jusqu'à sa chambre, en face de la mienne. Puis on le pousse dans la baignoire, et on le rince.
-C'est bon, je dis à Katniss. Je prends le relais à partir de là.
Je n'ai pas envie de lui faire subir ça. Elle n'a rien fait pour. Je sais que moi non plus, mais  je préfère que Katniss n'ait pas à faire des choses comme ça.
-D'accord, répond-elle. Je peux t'envoyer quelqu'un du Capitole pour t'aider.
-Non. Je ne veux pas d'eux.
Elle est gentille, mais je ne supporte pas les gens du Capitole. Leur manière, leur accent. Leur caractère. Mais, ce qui me dégoûte le plus, c'est qu'ils considèrent les Hunger Games comme un divertissement. Ils parient sur les tributs, applaudissent les meurtres, et attendent chaque nouvel épisode avec impatience. Ils aiment voir se tuer des enfants des districts. Et je trouve ça dégueulasse.
J'entreprends alors de le déshabiller. Etonnamment, l'odeur de vomi ne me dérange pas. Je jette ses vêtements sur le sol, et commence à la frotter avec une brosse et du savon. Puis je le rince à nouveau. Lorsqu'il paraît à peu près propre, je le sors de la baignoire et le couche dans son lit.
-Ne nous abandonnez pas, Haymitch.
Et je ferme la porte. Je rejoins ma chambre, enlève mes vêtements et me glisse sous les draps.

Je n'arrive toujours pas à y croire. Je suis dans le train qui me conduit au Capitole. Dans une semaine, je serai dans une arène qui m'est encore inconnue et je devrai lutter pour survivre. Peut-être vais-je devoir tuer des adolescents, voire des enfants. Mais le pire dans tout ça, c'est que la fille dont je suis amoureux depuis près de dix ans sera avec moi. Et nous ne pourrons pas survivre tous les deux. Jamais je ne la tuerai, ça c'est sûr. J'espère qu'elle ne me tuera pas non plus. Mais je ne pourrais pas supporter de la voir mourir sous mes yeux non plus. Je ne veux pas qu'elle meurt. Elle doit vivre.

 

Chapitre quatre: Haymitch


-Debout, debout, debout ! Ca va être une grande, grande, grande journée !
La voix d'Effie me perce les tympans. Je n'ai pas dormi de la nuit, ce qui n'est pas une bonne chose. Dans l'arène, il n'y a pas beaucoup d'occasion pour se reposer. J'espère que j'arriverais à dormir lorsque nous serons arrivés au Capitole. Mais j'en doute, puisque mon cerveau refuse de se mettre sur Off.
Je me lève tranquillement, prends une douche rapide et remet mes habits de la veille. Puis je rejoins la salle à manger. Haymitch est déjà là, assis à la table. Il a le visage bouffi et de petits yeux, mais il a l'air sobre. C'est déjà ça.

Je m'assieds à côté de lui.
-Alors, comment s'est passé ta première nuit dans le train, Patrick ?
-Peeta. Très bien, merci.
Je prends un petit pain dans le panier devant chez moi, puis me sers un bol de chocolat chaud. Si je n'ai jamais eu de la merveilleuse nourriture chez moi, j'ai toujours eu du chocolat chaud. Ma mère adore cette boisson, elle en achète donc toujours. Et nous en fait profiter.
Puis Effie arrive et s'assied à la table.
-Aujourd'hui est une journée décisive ! dit-elle en se servant du café noir.
-Qu'est-ce que nous allons faire ? je demande, en mordant dans mon petit pain.
-Les stylistes vont vous métamorphoser.
Ah oui, les stylistes. Chaque tribut à son styliste, et une équipe de préparation. Le styliste se charge de préparer le tribut pour le défilé d'ouverture (tous les tributs défilent deux par deux en traversant le Capitole. Les habitants peuvent alors découvrir les tributs plus en détails.), puis pour l'interview. Aujourd'hui sera donc une journée d'entière préparation. Magnifique.

Haymitch sort alors une bouteille remplit de liquide rouge et une flasque d'argent. Lorsqu'il l'ouvre, l'odeur de l'alcool m'emplit les narines. Il ne restera pas sobre bien longtemps.
-Vous ne pouvez pas boire du café, Haymitch ? demande Effie avec un regard de dégoût.
-Ca n'est que du jus de betterave, ma jolie ! répond-il en brandissant sa bouteille. Agrémenté d'un breuvage fait maison.
Et il en boit une longue gorgée de sa flasque en souriant à Effie.
-T'en veux une goutte ? dit-il en la lui fourrant sous le nez.
Elle la repousse et porte sa tasse à ses lèvres en marmonnant des obscénités. Haymitch glousse. Et Katniss entre dans la salle.
-Assieds-toi, Assieds-toi ! lance Haymitch en lui faisant signe d'approcher.
Elle s'assied à côté d'Effie et un serveur du Capitole lui apporte de la nourriture. Son regard me fait rire intérieurement. Elle a l'air impressionnée. Je suis sûr qu'elle veut tout manger. Elle lance un regard interrogateur sur le bol de chocolat posé devant elle.
-Ca s'appelle du chocolat chaud, je lui explique. C'est délicieux.
Elle en boit une longue gorgée, puis une autre, et encore une autre, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus une goutte. Puis elle dévore le reste. Je me contente de finir mon petit pain, et d'en prendre un autre, que je trempe dans mon chocolat chaud.
Au bout d'une demi-heure de silence, Katniss lance à Haymitch :
-Vous êtes censé nous donner des conseils, je crois.
-En voilà un, de conseil : restez en vie ! s'exclame Haymitch en éclatant de rire.
Je ne le trouve pas drôle du tout. Je lui lance un regard noir.
-Vous trouvez peut-être ça très drôle, je gronde en reversant son verre qui s'écrase par terre. Mais pas nous.
Haymitch regarde le verre, puis lève ses yeux vers moi. Quelques secondes plus tard, je me retrouve par terre, la mâchoire douloureuse. Il vient de me frapper. Je sais que je n'aurais pas dû renverser son verre, mais je n'ai pas pu m'en empêcher. C'est la seule chance qu'on ait de rester en vie dans l'arène, et il se moque de nous. Je lève les yeux, et Haymitch me fusille du regard. Alors qu'il va se resservir à boire, Katniss plante son couteau à un centimètre de ses doigts. Mais Haymitch ne fait rien, se contentant de la dévisager.
-Tiens, tiens. M'aurait-on dégoté de vrais combattants, cette année ?
Je me lève en prenant une poignée de glace dans la coupe de fruit. J'espère que mon bleu ne se verra pas trop.
-Non. Qu'on voie le bleu, au contraire. Le public s'imaginera que tu t'es battu avec un autre tribut avant même votre entrée en dans l'arène.
-Les règles l'interdisent, je grogne en posant la glace sur mon visage.
-Seulement si tu te fais prendre. Ce bleu montrera que tu t'es battu et que tu ne t'es pas fait prendre, c'est encore mieux.
Je décide de l'écouter, et pose la glace dans une serviette, même si ma mâchoire est affreusement douloureuse. Il a tout de même réussi à gagner les jeux. Il doit donc savoir ce qu'il dit.
-Tu pourrais atteindre autre chose qu'une table, avec ce couteau ? demande-t-il à Katniss.
C'est vrai qu'elle a été impressionnante. Tellement rapide. Mais bon. C'est une chasseuse hors pair. Elle va être une redoutable adversaire, dans l'arène. Elle doit pouvoir gagner. Pour impressionner Haymitch, elle arrache le couteau de la table et le jette contre la cloison à l'autre bout de la salle, pile entre deux planches.
Haymitch regarde le couteau d'un air impressionné, puis dit en nous indiquant le milieu de la salle:
-Venez vous placer là, tous les deux.

Puis il tourne autour de nous et nous regarde sous toutes nos coutures.
- Ma foi, ça pourrait être pire. Vous m'avez l'aire en forme. Et, une fois passés entre les mains des stylistes, vous devriez avoir votre petit succès.
S'il est vrai qu'être beau ne nous sert à rien dans l'arène, les tributs les plus séduisants attirent toutefois plus de sponsors que les autres. Et, sans les sponsors, les tributs ne sont rien.
-Très bien, dit-il en nous regardant tour à tour. Je vous propose un marché. Vous me laissez boire à ma guise, et je resterai suffisamment sobre pour vous aidez. Seulement, il faudra faire exactement tout ce que je dis.
A nouveau, je décide de lui faire confiance. C'est ma seule chance.
-Ca me va, dis-je en regardant Katniss.
Elle hésite un instant, mais finit par dire :
-Alors aidez-nous. Quand nous arriverons à l'arène, quelle est la meilleure stratégie à la Corne d'abondance pour quelqu'un qui...
-Une chose à la fois, la coupe Haymitch. D'ici quelques minutes, nous entrerons en gare. On vous confiera à vos stylistes. Vous n'allez pas aimer ce qu'ils vous feront. Mais quoi qu'ils décident, ne vous y opposez pas.
-Mais...
-Pas de mais. Ne discutez pas, insiste Haymitch.

Il prend sa flasque d'alcool et quitte le wagon, me laissant seul avec Katniss. J'ai envie de lui parler, mais elle n'a pas l'air de vouloir discuter. Nous restons donc debout en silence, attendons que le train s'arrête. Nous passons dans un long tunnel, et, lorsque le soleil remplit à nouveau le wagon, nous courons à la fenêtre pour découvrir le Capitole. Des bâtiments géants surplombent une ville gigantesque. Des centaines de voitures comblent de larges avenues, et les trottoirs sont remplis de gens habillés avec des couleurs vivent. Ils ont des coiffures extravagantes, et leur peau n'a pas une couleur naturelle. Certains ont la peau bleu, jaune ou verte. C'est vraiment bizarre.
Les passants nous montrent du doigt, reconnaissant notre train. Je les salue de la main, un grand sourire aux lèvres, alors que Katniss retourne à table. Je sens son regard dans mon dos, et me tourne lorsque nous arrivons en gare :
-On ne sait jamais, l'un d'entre eux est peut-être riche.
Et c'est sûrement vrai. Autant mettre les gens du Capitole de mon côté dès que j'en ai l'occasion. Les sponsors sont notre meilleure chance de survivre.
Retrouver l'auteur sur son Skyblog.

23 votes. Moyenne 4.00 sur 5.

Commentaires (12)

1. Aliénor 28/02/2015

Ouai la suite la suite

2. gry online Bex833 (site web) 23/10/2012

<a href=http://www.gierkii.pl#hunger-games.e-monsite.com>gry online</a> Gry online 19 lipca 2007 Jonathan Schaeffer opublikowal wiadomosci o najpózniejszej klasie projektu komputerowego Chinook jaki dokladnie rozpracowal warcaby angielskie. Jesli zaden artysta dramatyczny nie popelni mankamentu nie wczesniej kazda brygada musi

3. tina66 26/08/2011

c tro bien t'a hériter du talent de suzanne collins !

4. Juliette 08/08/2011

On peut avoir la suite ? J'adore c'est intéressant la version Peeta ! :)

5. katryne 29/06/2011

JADORE !!!!!

6. §Celia§ 08/06/2011

waw ! c'est bien écrit ! j'adore! (en plus je trouve ça interressant de connaître la prespective de Peeta, même si c'est du point de vue d'une fan )

7. Clémence 08/05/2011

Tu m'as scotchée. Moi aussi j'adore écrire, j'en suis à mon 4ème livre. Tu as du talent, je sais ce que je dis !

8. Nolwenn 13/04/2011

Bravo, tu as vraiment un gros talent pour l'écriture, c'est super !
*admiation*
Nolwenn

10. pitchounette99 27/02/2011

Bravo
Très bien fait.

11. marie77 27/01/2011

Super bien !!!

12. Nowenn 23/12/2010

C trop bien !!!!

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