Alix

Le compte à rebours allait finir et je ne m’étais toujours pas décidée. Devrais-je risquer ma vie à la corne d’abondance ou partir le plus vite possible, comme on me l’avait maintes fois conseillé ?

10…9…8…

Je trépignais sur la plaque métallique sous mes pieds, dans mon étroite cellule de verre, indécise.

3…2…1…

Trop tard pour la corne d’abondance, mes réflexes n’avaient pas réagit assez vite et mon sprinte ne servirait plus à rien à présent.

Je me dirigeais donc vers les gratte-ciel abandonnés, lubie des créateurs des Hunger Games, laissant derrière moi les aides précieuses qui auraient pu me sauver la vie.

Rapidement mais surement, je remontais une rue de la ville déserte, guettant le moindre bruit suspect. Mais tout était calme, et ce silence était oppressant, inquiétant. Une boule se formait dans mon ventre et je dus m’asseoir quelques minutes. J’aurais aimé faire un inventaire, mais je n’avais rien, absolument rien.  La boule qui me creusait les organes grandit, et la dure réalité me frappa : si je ne trouvais pas vite fait un ruisseau et quelque chose à manger, le canon pouvait déjà retentir pour moi. J’allais entrer dans un des immeubles lugubres pour me mettre à la recherche de quoi survivre, lorsque un effroyable cri me fit sursauter. Le premier coup de canon retentit, à mon grand étonnement « D’habitude, les carrières prennent moins de temps à tuer tous ceux qui s’approchent de la corne ». Une fois la chair de poule partit, je décidais donc d’entrer dans l’immeuble, la peur au ventre.

Un hall d’entrée énorme s’étendait devant moi. Il était sombre et vide. Une tapisserie rose à fleurs blanches  se décomposait , des lambeaux flétris tombant au sol. Je marchais sur la pointe des pieds, de peur de réveiller quelqu’un ou pire quelque chose capable de me tuer.

La pression montait en moi, tandis que je m’avançais dans  les entrailles de ce monstre de brique. Le vent sifflait dans la cage d’escalier, me faisant frissonner de plus bel. Je venais de monter le premier étage, et devant moi s’étirait un long couloir avec des portes d’appartements. Je les distinguais  avec peine, m’avançant vers elle presque à tâtons. Je me dirigeais vers la première et l’ouvris sans aucune difficulté.

À l’intérieur, la première pièce était vide. Elle était tapissée d’un blanc sale, et quelque chose attira mon regard : des traces de griffe, partout sur la tapisserie. Des traces brunes s’étalaient aussi sur les murs, comme… du sang séché.

Boum ! Boum ! Boum ! Boum !

Je mis du temps à comprendre qu’il ne s’agissait que de coups de canon, tirés pour nous indiquer le nombre de morts. Cela faisait maintenant cinq morts. « Seulement ? » Quelque chose ne tournait pas rond, je le savais. Il ne pouvait pas y avoir si peu de morts. « Bon, tempi, je ne peux pas vérifier maintenant. »

Après mettre remise du choc, je continuais dans l’appartement, de plus en plus inquiète mais néanmoins prête et déterminée à continuer. Il fallait que je trouve de quoi survivre avant que les carrières partent à ma recherche. Je me trouvais au milieu de la pièce, lorsque un grognement lugubre retentit derrière moi. Lentement, je me retournais et ce que je découvris me glaça le sang. Un monstre, un énorme monstre. Il était noir et avait la forme d’une araignée géante. Non, il n’avait pas juste la forme, c’était une araignée géante. Elle était poilue et de sa bouche sortait une bave verdâtre. Et pour couronner le tout, des griffes poussaient au bout de ses longues pattes. Des griffes acérées et luisaient sous la lumière qui filtrait de la petite fenêtre. De plus, un liquide vert en sortait, comme du poison. Je ne pus retenir un cri d’effroi. Je venais de trouver la source de la détérioration de la tapisserie. Ou c’était plutôt elle qui m’avait trouvé. Je visualisa la pièce tout en gardant un œil sur le monstre et trouva une porte à ma droite. Je voulais alors me diriger vers cette échappatoire  mais mes muscles étaient comme paralysés, m’empêchant d’avancer. La panique monta en moi, tandis que l’araignée avançait vers moi. J’étais coincée. J’avais pourtant promis à ma famille de gagner et j’allais mourir laborieusement, dévorée par un monstre génétiquement modifié. On ne pouvait pas mourir plus lamentablement.

Non, je ne pouvais pas. J’avais promis de me battre, je ne m’abandonnerais pas à ce monstre comme ça, sans aucun signe de résistance.

J’inspirais un grand coup, libérant mes muscles de leur paralysie puis, d’un coup, je me mis à courir. Courir, vers cette porte, vers ma seule chance. Tout à coup, l’horrible bête poussa un cri et se dirigea vers moi à une rapidité ahurissante et j’avais peur qu’elle me rattrape  avant que j’atteigne la pièce d’à côté. Je n’étais plus qu’à un mètre de la porte lorsque je trébucha et tomba au sol. En deux temps trois mouvements, l’araignée se retrouva au dessus de moi, sa bave tombant sur mon visage. J’étais couchée sur le dos, et dans un instant de désespoir, je recroquevillais mes pieds sur mon ventre, et les projetais vers le thorax de la bête. Cette dernière fut projetée quelques mètres plus loin, poussant un cri strident, me cassant les tympans.  Elle était allongée au sol, sonnée, et je profitais de cet instant pour me relever et plonger dans l’autre pièce, ouvrant la porte à la volée et la refermant tout de suite après. Et ce que je découvris me glaça le sang. Ma respiration se coupa et je fus prise de spasmes incontrôlés. Dans cette pièce se trouvaient des toiles d’araignée géantes, accrochées partout, formant des rideaux blancs. Mais les choses qui m’avaient le plus frappées étaient des cocons. Des cocons enfermant des humains. Ils étaient pendus çà et là, et les visages des personnes étaient contorsionnés, formant des masques d’horreur. Je reculais, mes doigts se posant à nouveau sur la clenche de la porte. Mais au moment de repartir, j’entendis un grognement de l’autre côté et je me souvins du monstre qui stationnait dans le vestibule, comme si on m’avait jeté un seau d’eau en pleine figure. Je pris une chaise que j’avais trouvée dans un coin de la pièce et je la mis sous la poignée pour bloquer la porte. Puis, lentement, je m’avançai dans la pièce, regardant attentivement chaque visage. Derrière la porte, l’araignée frappait de ses griffes, cherchant à ouvrir. C’est alors que je vis, dans un des cocons éclairé par la lumière du soleil luire une lame. L’espoir revint en moi et je ne pus m’empêcher de sourire à la vue de cette arme, malgré les circonstances. 

 

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Commentaires (4)

1. Alix 07/08/2011

Merci par contre je suis désolée mais je ne l'ai pas continué ^^' j'en ai commencé un nouveau en fait...

2. Celui que tu lis 27/05/2011

Génial, continu comme ca !!

3. Alix 12/03/2011

Et juste, je m'excuse pour les fautes d'orthographe--> les vacs+écrire vers minuit, ca rend pas toujours ce qu'on attend ^^'

4. Alix 24/12/2010

Merci de l'avoir mit

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